Les liquides, comprendre pour mieux conseiller.

vape liquide test en magasin article revue des tabacs

Construire sa gamme et tester ces liquides

LGF Formations et ses partenaires, vous offre quelques conseils pour bien comprendre l’univers des liquides  en collaboration avec la revue des tabacs. 

revue des tabacs vape liquide test
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Pour bien vendre les e-liquides : testez et faites tester !

Avec la société LGF Formations, créée par le buraliste Didier Gonin, voici ce qu’il faut connaître sur les e-liquides, pour mieux conseiller vos clients.

Associé au plaisir, à la détente, mais aussi outil de sevrage tabagique et vecteur de fidélité envers une marque et un buraliste de bon conseil, le e-liquide mérite d’être expliqué, argumenté…mais aussi goûté. Voici quelques clés pour décrypter ce produit, pourvoyeur de marge pour les bureaux de tabac.

  • Connaître la composition

Les e-liquides sont composés de propylène glycol (PG) et de glycérine végétale (VG), substances servant à produire la vapeur, mais également d’arômes et souvent de nicotine. Le ratio PG/VG, exprimé en pourcentage, indique la proportion de glycérine végétale et de propylène glycol présente dans le « jus ». Le total est toujours égal à 100 %. « Attention, ce ratio n’exprime pas la quantité totale de glycérine végétale et de propylène glycol présents dans un  liquide, mais la proportion de l’un des deux produits par rapport à l’autre», précise Antonella Corsi, formatrice chez LGF. Le PG est fluide, c’est un excellent exhausteur de saveurs et il favorise le « hit »que recherche généralement le primo-vapoteur. La VG est épaisse,  elle est nécessaire à la vaporisation du liquide, elle apporte de la rondeur (goût sucré) et favorise la production de vapeur. Un e-liquide contenant une forte concentration de VG permet ainsi d’obtenir une grosse quantité de vapeur, mais avec un hit faible.

  • Quels marqueurs de qualité ? 

La Directive européenne sur les produits du tabac (TPD pour Tobacco Products  Directive) impose aux fabricants d’e-liquides contenant de la nicotine un certain nombre de règles pour commercialiser leurs produits. Ces derniers doivent notifier le lancement des nouveautés six mois  à l’avance auprès des autorités de santé,  pour chaque saveur, chaque taux de nicotine et chaque ration de PG/VG. Les fabricants doivent également déclarer la liste des ingrédients et leurs émissions, informer les consommateurs des risques potentiels liés à la nicotine, limiter la contenance à des flacons de 10 ml avec une concentration maximale de 20 mg de nicotine par ml de e-liquide. Au-delà de ces exigences de base, les fournisseurs peuvent briguer une certification Afnor XP-D90-300-2, basée sur la sélection rigoureuse des matières premières, avec notamment une nicotine de qualité PE (pharmacopée européenne) ou USP (pharmacopée américaine). La certification implique le bannissement de certains ingrédients tels que les sucres, édulcorants, colorants, métaux lourds, les huiles végétales ou minérales, les libérateurs de formaldéhyde et autres substances CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) et toxiques pour les voies respiratoires. En outre, la certification Afnor contrôle la concentration de substances telles que le diacétyle, l’acroléine, l’acétaldéhyde et le formaldéhyde en fixant des teneurs maximales. Enfin, d’autres certifications existent, comme Origine France Garantie ou Eco Cert.

  • Quel liquide pour quel usage ? 

Si l’on distingue le sevrage tabagique de la vape récréative, il faut prêter attention au taux de PG/VG et au matériel utilisé. Pour le sevrage tabagique, il est conseillé de privilégier un e-liquide au taux de PG élevé, car les particules de PG et la nicotine qu’elles véhiculent  possèdent un taux d’absorption pulmonaire presque optimal (effet bronchodilatateur). La faible viscosité du propylène glycol pour cigarette électronique permet l’hydratation rapide du cœur de la résistance,  évitant ainsi le « dry hit » (goût de brûlé, quand la résistance n’est pas assez imbibée). Pour le sevrage, on privilégiera ainsi un e-liquide avec un ratio entre le de 70/30 de PG/VG et le 50/50 que l’on utilisera avec une résistance à impédance élevée (par exemple, 1,6 Ohm). Si le consommateur souhaite s’adonner à une vape récréative, il doit alors s’orienter vers un e-liquide à plus fort taux de VG. La glycérine végétale est un agent hygroscopique (qui favorise la condensation), ce qui lui permet de transporter un quart de son volume en eau, donc de produire beaucoup de vapeur. La glycérine végétale est donc appréciée des vapoteurs pour son hit léger, sa rondeur et sa production de vapeur généreuse. Un e-liquide composé d’une proportion minimum de 60 % de VG est plus épais, il nécessite donc une résistance disposant d’entrées larges, qui vont permettre de drainer le liquide jusqu’au coeur de la résistance.Les ratios 50 / 50 de PG/VG et 40 / 60 sont un bon compromis entre hit, saveurs et volume de vapeur. Avec un taux de  PG/VG  de 30/70 et 20 / 80, on obtient de gros nuages. Enfin, les e-liquides à 100 % VG sont essentiellement utilisés par les amateurs de « power vaping » qui consiste à produire de gros nuages, à des fins récréatives voire artistiques.

  • La technique de l’aromatique

On distingue les e-liquides mono-arômes qui ne possèdent qu’un seul goût, par exemple tabac ou vanille, des e-liquides dits complexes où se mêlent plusieurs arômes, parfois additionnés d’exhausteurs de goût. « Comme en parfumerie, on  a affaire à trois notes, concernant l’aromatique des e-liquides, précise Antonella Corsi. Il y a la note de tête, la première qui se présente et qui a pour caractéristique d’être courte et intense. Puis la note de cœur arrive en second, et enfin, la note de fond qui sera plus subtile mais qui va rester plus longtemps en bouche. »  Un  e-liquide chargé en PG fait davantage ressentir la note de tête. Alors qu’un jus chargé en VG développe le ressenti de la note de cœur et de celle de fond, avec une intensité aromatique plus faible, plus ronde et plus longue en bouche. Les fabricants indiquent souvent l’ensemble des arômes sur leurs produits, sans que l’on sache quelle est la note de tête et les autres. Il est donc nécessaire de goûter, pour conseiller le client au mieux. « Le même e-liquide sur un matériel MTL en 10 watts n’aura pas la même perception que si on le met sur du RDL à 30 watts, observe Antonella Corsi. Cela varie en fonction du tirage et de la puissance envoyée, donc de la température de chauffe. Globalement, l’aromatique commence à se développer à partir d’une chauffe de 30 W en puissance. On arrive sur des tirages de type RDL et DL. »

  • Le DIY, une alternative à décrypter

Réaliser soi-même son e-liquide en mélangeant une base neutre avec des arômes ou de la nicotine est possible, c’est même économiquement intéressant pour le consommateur, mais un peu moins pour le commerçant qui verra son client moins souvent. Antonella Corsi prévient : «Il faut tenir compte du taux de dilution. Ce n’est pas parce que vous ajoutez trois boosters à 20 mg/ml de nicotine que vous obtiendrez  un e-liquide à 9mg/ml, il fait tenir compte du volume total de la base aromatisée et nicotinée pour réaliser son calcul. Par ailleurs, les arômes ont tendance à être plus plat avec le DIY. Le professionnel doit, dans cette logique de dilution, refuser de booster les 50ml au delà de 5,71mg/ml (2 booster 10ml à 20mg de nicotine), il faut avoir un arôme riche pour le ressentir. Au-delà, il n’y a plus vraiment de goût. » 

  • Macérat et extraction : des e-liquides particuliers

Il existe des techniques de production d’e-liquides un peu moins classiques. La macération consiste ainsi à mélanger un extrait naturel de plantes de tabac avec un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine, ou directement dans un liquide base PG/VG. Le liquide s’imprègne alors de la saveur de la variété sélectionnée, et suivant les procédés, de la nicotine naturellement présente dans la plante. La marque Mostacha (Traditab) propose ainsi des e-liquides à base de macérats. Autre technique : l’extraction  (utilisée par exemple, par la gamme AbsoluTo d’Exaliquid) consiste à séparer des molécules, en l’occurrence les molécules aromatiques du tabac, puis à les  purifier pour arriver à un extrait appelé « absolu ». Un macérat est donc une infusion filtrée, tandis qu’un absolu résulte de la séparation des molécules recherchées.
 

Olga Stancevic

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